Rob Greenfield, l’engagement à la racine

Rob Greenfield, l'engagement à la racine

Rob Greenfield est Américain, et il s’est lancé un défi de taille : se nourrir uniquement à partir d’aliments provenant de son potager ou glanés dans la nature durant un an. Pas de courses en magasin, pas de repas au restaurant ou de verre au bar du coin, pas même un dîner chez des amis. 365 jours en autosuffisance totale. Objectif : sensibiliser aux problèmes liés à l’industrie agroalimentaire et pousser les gens à s’engager en faveur d’une meilleure alimentation. Retour sur un incroyable challenge.

Ne pas acheter de nourriture pendant un an peut sembler radical. C’est le but. Il faut dire que Rob Greenfield n’en est pas à son premier coup d’essai, il a même fait de ces actions choc sa marque de fabrique.

Celui qui se définit sur son compte Instagram comme un « aventurier et activiste pour un monde juste et durable » s’est fait connaître en pratiquant le « dumpster diving », c’est à dire en plongeant dans les poubelles des supermarchés américains pour alerter sur le gaspillage alimentaire : aux Etats-Unis, plus de 40 % de la nourriture produite est jetée, alors même qu’un habitant sur sept ne mange pas à sa faim.

Rob Greenfield : un militant engagé contre le gaspillage alimentaire

Militant du « zéro déchet », il n’a pas hésité à se balader dans New-York en portant sur lui l’équivalent des emballages plastiques produits par un Américain pendant un mois. Cette initiative, baptisée « Trash me », a été reproduite jusqu’en France.

Rob Greenfield vit dans une tiny house (ou « micro-maison ») de 10m2 qu’il a construite quasiment uniquement à partir de matériaux de récupération. Il n’a ni carte de crédit, ni compte en banque, et il se targue de pouvoir faire tenir toutes ses possessions dans un sac de randonnée. Son maître mot : la simplicité. Son objectif : inspirer le monde par des solutions concrètes faciles à mettre en oeuvre.

Rob n’a pas toujours été un partisan du minimalisme. Lors de ses années étudiantes, ses principales préoccupations consistaient, de son propre aveu, à faire la fête, séduire les filles et trouver un moyen de devenir millionnaire avant 30 ans. Comme beaucoup d’entre nous, son évolution s’est faite progressivement, à force de livres et de documentaires.

Rob a commencé par adopter un changement positif par semaine : utiliser un tote bag, faire ses courses au marché, prendre plus souvent son vélo, changer son alimentation etc. Brique après brique, il est devenu acteur du changement, et cette démarche a renforcé sa conviction que nous faisons tous partie de la solution. Car Rob en est persuadé : chacune de nos actions compte, et chacun d’entre nous peut avoir un impact positif sur la planète.

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde »
Gandhi

Début 2018 il se fixe un nouveau défi : ne rien acheter à manger pendant un an. Il décide de s’établir en Floride car le climat y est propice aux cultures tout au long de l’année, et plus particulièrement à Orlando, où il a noué des liens avec une communauté locale engagée dans la permaculture et le développement durable. Une habitante accepte de le laisser construire sa tiny house dans son jardin. En échange, il transforme sa pelouse en un immense potager. Rob met dix mois à préparer son projet avant de se lancer en novembre 2018.

En parallèle, il s’implique dans la vie du quartier: il implante 15 « jardins populaires » destinés à la communauté locale, plante 200 arbres fruitiers, donne des cours de jardinage à ses voisins et intervient dans les écoles de la ville pour sensibiliser à l’écologie. Des initiatives qui permettent d’inspirer mais surtout de créer du lien : encourager les gens à jardiner ensemble, cuisiner ensemble et avancer de concert vers un futur plus durable.

365 jours c’est long mais Rob tient bon. Patiemment, il fait fructifier son potager et récupère tout ce qu’il trouve dans la nature, les espaces publics, les parcs de la ville. En un an, Rob cultive près de 100 variétés de fruits, légumes, herbes et autres végétaux, et il en glane 200. Il pêche son poisson, récolte lui-même son miel et va jusqu’à fabriquer son sel à partir de l’océan.

11 novembre, l’aventure s’achève. A travers sa démarche, Rob espère pousser les gens à se sentir un peu plus concernés et connectés à la terre, les encourager à multiplier les petits gestes : faire pousser des tomates ou des aromates sur leur balcon, adopter une alimentation plus saine, faire leurs courses dans des fermes locales… Lisa, qui a accueilli Rob dans son jardin, résume le sens de son défi : quand le balancier penche trop d’un côté comme c’est le cas de notre société, focalisée sur la consommation, faire l’extrême inverse peut rééquilibrer la balance et nous aider à trouver un juste milieu.

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