Tiny houses : des micro-maisons nomades et écologiques

Tiny house micro-maison mobile écologique

Vous en avez peut-être déjà vu. De drôles de petites maisons en bois montées sur roues qui s’implantent ici ou là. Né aux Etats-Unis à l’aube des années 2000, le tiny house movement trouve progressivement ses marques en France. Envie de se rapprocher de la nature, besoin de revenir à davantage de simplicité, recherche de liberté… Les raisons de cet engouement sont multiples. Tour d’horizon.

En juillet dernier, la commune de Rezé en Loire-Atlantique a lancé un appel à candidatures pour implanter le premier village de tiny houses en France. D’ici fin 2020, trois à six micro-maisons pourront s’installer sur un terrain de 6 700 m2 situé en plein centre-ville pour une durée de dix ans. Véronique Charbonnier, adjointe au maire en charge du logement et de l’habitat, explique : « De plus en plus de personnes sont séduites par des formes d’habitats plus simples, plus proches de la nature qui sont aussi plus accessibles financièrement ». Les « tinystes » disposeront d’un accès à l’eau et à l’électricité en échange d’un petit loyer. Anticipant un afflux de demandes, la mairie envisage déjà de mettre un second terrain à la disposition des personnes intéressées.

Tiny house, mode d’emploi

A cheval entre le mobil home et la caravane, les tiny houses sont de petites maisons construites à partir de matériaux naturels – principalement le bois – dont la superficie varie entre 10 et 40 m2. Elles sont conçues pour pouvoir être déplacées facilement.

Ce mouvement social et architectural est apparu aux Etats-Unis à l’aube du XXIè siècle. En 1998, l’architecte Sarah Susanka publie The Not So Big House dans lequel elle explique que notre bien-être n’est pas corrélé à la taille de notre foyer, et que la réduction des mètres carrés constitue non seulement un objectif architectural mais aussi un objectif de vie. Quatre ans plus tard, Jay Shafer fonde la première entreprise de construction de tiny houses, Small House Society.

L’idée d’une réduction volontaire de la surface habitable dans le pays du gigantisme, où une grande maison est synonyme de réussite sociale, est loin d’aller de soi. Elle s’inscrit justement en réaction à une course effrénée au m2 supplémentaire : outre-Atlantique, la surface moyenne d’une maison est passée de 165 m2 en 1978 à 230 m2 en 2007. Seuls 1% des Américains acquièrent un bien de moins de 93 m2. (En France, la surface moyenne a peu évolué au cours des dernières décennies et avoisine les 90 m2).

Encore confidentiel, le mouvement tiny house va connaître un essor dans des circonstances dramatiques : en 2005, l’ouragan Katrina balaie la Louisiane, laissant des milliers d’habitants sans domicile. La designer Marianne Cusato crée alors le Katrina Cottage, une habitation de 28 m2 destinée aux sinistrés. Trois ans plus tard, la crise des subprimes frappe le pays de plein fouet et conduit de nombreux Américains ayant perdu leur maison à se tourner vers des habitats moins coûteux. La tendance s’exporte, et la première tiny house française voit le jour en 2013 sous l’impulsion d’Yves Saint-Jours, fondateur de La Maison écologique et de Kaizen.

Si le développement du mouvement est en partie dû à ces deux événements, il relève principalement d’une philosophie allant de pair avec la recherche d’un style de vie simplifié en adéquation avec les considérations environnementales et le refus des codes de la société de consommation.

Tiny house habitat alternatif et écologique

Un mode d’habitat alternatif et écologique

La tiny house, c’est avant tout une volonté de se rapprocher de la nature et de limiter son empreinte écologique, que ce soit au niveau de la construction ou de la vie quotidienne : les maisons sont majoritairement conçues en bois, issu de filières locales et responsables, et de matériaux écologiques. Outre leur taille réduite, elles sont bien isolées et lumineuses, permettant à leurs propriétaires de limiter leur consommation en chauffage et en électricité. En fonction de leur implantation, les tiny houses peuvent disposer d’un raccordement à l’eau et à l’électricité, mais bon nombre d’occupants visent l’autonomie : récupération de l’eau de pluie, installation de panneaux photovoltaïques, toilettes sèches et système d’assainissement indépendant pour les eaux usées. Tout équipées, ces petites maisons offrent un mode d’habitat alternatif alliant confort et respect de l’Environnement.

Simplicité volontaire

Habiter dans une tiny house, c’est faire le choix de la simplicité et accepter de ne vivre qu’avec l’essentiel. Ici pas d’espace perdu. Tout est pensé, optimisé et l’occupant est lui aussi encouragé à prendre du recul, réfléchir à ce qu’il achète, ce dont il se sépare, repenser son rapport à la consommation et délaisser l’accumulation de biens superflus. Alors que nous avons grandi avec l’idée qu’il fallait avoir toujours plus, toujours plus grand, le mouvement tiny house invite à l’inverse à vivre mieux avec moins. L’éloge de la sobriété heureuse en somme.

Un minimalisme qui possède toutefois des limites : certains tinystes avouent devoir recourir à un mode de stockage externe pour conserver une partie de leurs affaires (location d’un box par exemple), tandis que d’autres luttent contre le mouvement permanent consistant à jeter pour faire de la place à de nouveaux objets – une situation paradoxale dans le cadre d’une démarche écologique. De la même manière, l’espace restreint semble mieux adapté pour une personne seule ou un couple que pour une famille nombreuse.

Micro-maison, maxi liberté

Cet habitat alternatif est aussi synonyme de liberté. De nombreux tinystes justifient leur choix par une volonté de s’affranchir des contraintes allant de pair avec l’achat d’une maison « traditionnelle », source de stress : entretien simplifié, moins de ménage, moins de taxes, pas d’emprunt sur 15 ou 20 ans qui vous donne le sentiment d’être « coincé ». La tiny house leur permet d’être autonomes et d’accéder à la propriété en échange d’un investissement limité. Comptez en moyenne entre 15 000€ et 50 000€, voire au-delà selon le degré d’équipement. Un coût qui peut être réduit si vous décidez de construire vous-même votre tiny house – Internet regorge de blogs et de forums pour vous y aider !

A cette souplesse financière s’ajoute l’immense sentiment de liberté qui découle du caractère nomade de cet habitat alternatif et de la possibilité de pouvoir emmener sa maison partout avec soi.

Des contraintes réglementaires à lever

Si la tiny house est conçue comme un habitat nomade, dans les faits rares sont ceux qui les déplacent, tant pour des questions pratiques que réglementaires. Les tiny houses relèvent de la législation sur les caravanes et les mobil homes. Pour pouvoir circuler, le poids total remorque comprise ne doit pas excéder 3,5 tonnes, et la tiny house doit mesurer au maximum 2,55 m de large et 4,5 mètres de haut, sans quoi le chargement est considéré comme un convoi exceptionnel.

En termes d’implantation, elle peut être stationnée sur des terrains privés non constructibles, mais une autorisation de la mairie est requise au-delà de trois mois. Dans le cas d’un stationnement permanent, les propriétaires doivent s’acquitter de la taxe sur les résidences mobiles d’un montant de 150 euros, et un permis de construire est nécessaire au-delà de 20 m2. Votée en 2014, la loi Alur prévoit la possibilité de stationner sur des « pastilles », c’est à dire des emplacements prévus par le plan d’urbanisme de la commune. Malheureusement, dans les faits, la liste n’est pas mise à jour régulièrement.

Les tiny houses du breton Cahute

La tiny house, maison du futur?

Plus simple, plus mobile, plus proche de la nature et plus accessible financièrement, la tiny house incarne la volonté de s’affranchir d’une société de consommation dont le mot d’ordre est « toujours plus ». S’il demeure confidentiel, ce mode de vie alternatif n’en est pas moins révélateur d’une évolution de notre rapport au logement et nous conduit à réinterroger le modèle de l’habitat classique.

Alors, tentés ?

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