Chilowé, la micro-aventure made in France

Chilowe, microaventure made in France

Coincé à la maison, vous rongez votre frein en attendant de pouvoir à nouveau dégainer votre passeport. Et si je vous disais qu’il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour être dépaysé ? Qu’il est possible de s’évader, tout près de chez soi, le temps d’un week-end ou même d’une journée ? Avec Chilowé, la micro-aventure vous tend les bras. Vous êtes prêt ? Suivez le guide.

La micro-aventure, une nouvelle façon de voyager

Partir à l’aventure près de chez soi

C’est Alastair Humphreys, élu aventurier de l’année par le National Geographic en 2012, qui a popularisé le concept de micro-aventure. Sa première grande expédition débute en 2001 lorsqu’il se lance dans un tour du monde à vélo qu’il achève 4 ans et quelque 74 000 km plus tard. Parmi ses autres exploits figurent le Marathon des Sables – une course de 240 km à travers le Sahara dont il franchit la ligne d’arrivée avec le pied cassé (oui oui), une expédition au pôle Nord, la traversée de l’Inde à pied et de l’Atlantique à la rame.

De retour chez lui, Alastair se rend compte qu’il a parcouru la planète mais qu’il ne connaît pas très bien son propre pays. Il décide alors d’explorer le Royaume-Uni pendant un an et partage ses découvertes sur les réseaux sociaux. L’objectif est simple : montrer que l’aventure peut se trouver au coin de la rue, et qu’elle est accessible à tous. Le concept de micro-aventure est né. Il remporte un franc succès et donne naissance à un ouvrage, Microadventures : Local Discoveries for Great Escape.

Un concept à la portée de tous

Une micro-aventure est donc à la fois :

  • Courte. Le temps d’un week-end ou même d’une journée. Inutile d’attendre toute une année pour un voyage à l’autre bout du monde.
  • Proche. Enfourchez votre vélo, montez à bord d’un TER. Ici pas de risque de jetlag, vous serez frais comme un gardon pour retourner au bureau lundi.
  • Facile. Pas besoin d’entraînement ni d’équipement sophistiqué, la micro-aventure se veut accessible.
  • Bon marché. Dormir sous la tente, préparer le dîner sur son réchaud, descendre une rivière en canoë… Pas de quoi craquer son PEL. Avouez que ça vous change du billet d’avion qui coûte un Smic.
  • En pleine nature. Oui, c’est vrai que la traversée de l’Ile-de-France en RER est une forme d’aventure, mais le principe ici c’est de se mettre au vert.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux »

Marcel Proust

Chilowé : une micro-aventure 100 % française

La start-up qui met tout le monde dehors

C’est en 2017 que Thibaut Labey et Ferdinand Martinet – alias Toucan Loufoque et Castor Fougueux – fondent Chilowé avec l’ambition de « mettre tout le monde dehors ». Ils créent tout d’abord une newsletter qui compte aujourd’hui plus de 40 000 abonnés. Avec le ton décalé qui fait leur marque de fabrique, les deux compères y partagent non seulement des bons plans pour s’évader dans la nature, mais également des lectures, événements et autres initiatives engagées. Viendra s’ajouter un guide papier recensant les micro-aventures autour de Paris fin 2018, puis une version numérique couvrant toute la France l’année suivante.

Micro-aventure, maxi évasion

Le credo de Thibaut et Ferdinand ? « Crapahuter dans le Jura, c’est tout aussi sexy que de surfer au Costa Rica ». Autrement dit, pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour partir à l’aventure et être dépaysé. Forêts, lacs, îles, sommets, rivières : la France est un merveilleux terrain de jeu et il ne tient qu’à nous de l’explorer. Descendre la Seine en stand-up paddle, faire un astro-bivouac en forêt de Fontainebleau, parcourir le Vexin à dos d’âne, aller écouter le brame du cerf en Sologne, voir les phoques en baie de Somme, crapahuter dans le Vercors en raquettes… autant d’exemples qui nous montrent qu’il est possible de vivre des expériences incroyables à côté de chez soi.

Des escapades hors des sentiers battus

Pour répondre aux demandes de ses fidèles, Chilowé s’est muée en agence de voyage. Non contente de donner des idées, elle organise désormais des escapades en petits groupes pour les citadins en manque de grand air. La jeune entreprise fédère aujourd’hui une communauté d’explorateurs avides de dépaysement qui s’échangent bons plans et retours d’expériences autour de Paris mais aussi Lyon, Bordeaux ou Nantes. Seul, en couple, entre amis, en famille, la micro-aventure s’adresse à tous. En septembre 2020, entre deux confinements, s’est tenu le tout premier festival Chilowé à la fondation GoodPlanet, sur les terres d’un autre aventurier, Yann Arthus-Bertrand.

Chilowe, partir à l'aventure en France
Partir à l’aventure près de chez soi avec Chilowe

Reconnecter les citadins à la nature

Le besoin de nature se fait de plus en plus présent en ville, comme en témoigne le nombre de candidats à l’exode urbain. Un engouement qui ne saurait déplaire aux deux fondateurs de la start-up.

On protège ce que l’on aime

En encourageant les citadins à partir à l’aventure, Thibaut et Ferdinand espèrent les aider à se reconnecter à la nature avec l’espoir que plus ils l’aimeront, plus ils auront envie de la protéger.

Dénicher l’expérience qui vous laissera sans voix reste leur mission première, mais les deux trentenaires en profitent pour distiller de précieux conseils afin d’évoluer en harmonie avec le monde qui nous entoure. Chaque escapade est l’occasion d’acquérir de nouveaux savoirs que l’on tend à perdre en vivant en ville : Bivouaquer sans laisser de trace, faire un feu de camp, identifier les constellations, reconnaître le chant des oiseaux ou les espèces d’arbres à partir de la forme de leurs feuilles. La micro-aventure séduit notamment les jeunes parents désireux d’occuper leurs enfants loin des écrans et convaincus des bénéfices du grand air.

Consommation locale et saisonnalité

À travers leurs idées de week-end nature, Thibaut et Ferdinand prônent le respect de la saisonnalité et la consommation locale. Si les beaux jours semblent mieux adaptés aux activités outdoor, toutes les saisons sont propices à la découverte et à l’émerveillement. Apprendre à reconnaître les variétés de champignons et préparer une poêlée avec les spécimens cueillis le jour même, bivouaquer dans la neige ou découvrir le ski de rando vous laisseront à coup sûr des souvenirs impérissables. Alors que bon nombre d’entre nous ne rêvent que de fuir la grisaille en partant au soleil, les fondateurs de Chilowé nous encouragent à apprécier chaque période de l’année. Et quand ils nous invitent à enfourcher notre vélo pour aller chercher du brie à Meaux ou cueillir nos fruits et légumes, c’est aussi pour nous inciter à consommer local et retrouver le goût des produits frais.

« On aime ce qui nous a émerveillé et on protège ce que l’on aime »

Jacques-Yves Cousteau

La micro-aventure, nouvelle tendance du slow tourisme ?

Le boom du tourisme local

Dopé par le confinement et la limite des 100 km, le tourisme de proximité ou staycation – contraction de stay, rester, et vacation, vacances – a la cote. Forcés de passer l’été dans l’Hexagone, certains de nos compatriotes ont redécouvert leur propre pays et constaté que oui, on pouvait s’y plaire (cf. ce vacancier que j’ai entendu s’exclamer « Mais c’est beau en fait la France ! » en visitant l’Auvergne – véridique). En réalité, la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer une tendance déjà émergente comme en témoigne le phénomène « flygskam ». Ce terme suédois qui désigne la honte de prendre l’avion témoigne d’une prise de conscience chez un nombre croissant de personnes du fait que voyager est polluant et du désir de revenir à des vacances plus locales. Loin de chercher à nous culpabiliser avec des messages écolo, la micro-aventure nous montre qu’un autre tourisme est possible.

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Le slow tourisme : local, éthique et responsable

Simplicité, sobriété, authenticité

Au-delà de prôner le local, cette nouvelle forme d’aventure se veut un état d’esprit. Explorer les environs, c’est changer nos habitudes pour revenir à l’essentiel, s’affranchir du tourisme de masse grâce à une offre répartie sur tout le territoire et qui fait la part belle aux mobilités douces comme le vélo ou la marche. Fini les bouchons pour aller s’entasser sur une plage de la Côte d’Azur. Après la slow food, le slow flower, voici venu le slow tourisme, éthique et responsable, où proximité rime avec simplicité, sobriété et authenticité. Opter pour la micro-aventure, c’est remettre du sens dans ses loisirs et de l’extraordinaire dans son quotidien. C’est rechercher une expérience plus qu’une destination. Etre créateur plutôt que consommateur. Laisser place à l’inattendu. Prendre les chemins de traverse.


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